Partager l'article ! Tous mes gestes sont des figures amoureuses.: ...
Mais je suis une fille qui ne sait rien faire. Je ne sais pas avouer mes torts, je ne sais pas controler la violence, je ne sais pas baiser, je ne sais pas m'excuser, je ne sais pas prendre soin, je ne sais pas me souvenir, je ne sais pas écrire, dire, vivre, les mots ailleurs que dans ma tete, je ne sais pas coudre, cuisiner, communiquer, consoler, caliner, caresser, cajoler, comment tu veux que je parvienne à t'aimer après ça? C'est génétique, tu sais, ne t'inquiètes pas, tu sais, on m'a dit " c'est génétique", tu sais, les gens ont la vie pleine de merde, tu sais, c'est comme ça, tu sais, d'autres ont du soleil au coin des yeux, tu sais, et bien toi, tu sais, tu as de la merde sur ta vie. Mais je n'en veux à personne, pas à moi, ni à toi, ni à elle, ou à lui. C'est de naissance. Naitre à l'heure du crime ne laissait rien présager de très rassurant. J'aurai du m'en douter. Ma mère, mon père, même toi, tu aurais du t'en douter, putain. Dire que non, que c'était trop dangereux de me garder à tes côtés, que non, qu'il fallait mieux me laisser là avant que.
Avant
que. Avant
que. Avant
que. Avant que. Avant
que.
Avant que. Avant que. Avant que.
C R A S H
Je suis née malheureuse avec comme projet de toujours tout faire pour tout gacher, pour me gacher, et gacher les autres. Pour ne jamais perdre la seule chose que je fasse naturellement et avec brio. C'est innée, certains savent danser, d'autres peindre, ou baiser. Non. Moi je suis juste là, plantée. Droite, toute droite. Avec ces envies folles de destruction massive. BANG. Tous vous tuer, bande de fous. BANG. Regardez moi. Ne ris pas. Regarde.
Destruction, lamentation, perdition.
La danse folle et ennivrante de mes pulsions d'enfant. Voilà, tu comprends maintenant ? Ouvre tes putains d'yeux bordel. Regarde, l'héritage de l'enfance, c'est ça. Toi, et tes ambitions pourris
que tu rumines les soirs de pluie ne font que m'enterrer encore plus dans ma démence. Voilà ce que je suis devenue et que je resterai toujours. Une fille qui prend trop de place dans la pièce,
une fille qui te parle et qui te sourit. Et qui la nuit rêve de te crever les yeux. C'est pas moi, non, c'est l'enfant. Et les enfants ne font que des bêtises, ce n'est pas moi c'est elle, dis le
à la maitresse, et je te bute à la récré. Supplie moi d'arrêter. Pourquoi tu pleures ? Enlève tes mains, je veux voir les larmes couler dans ta bouche, je voir la morve pendre sous ton nez, je
veux voir la peau rougir, et se déformer. Pourquoi tu pleures ? T'as peur ? C'est ça, oui. NE DIS PAS NON, je vois bien que tu as peur. Il ne faut pas avoir peur, je ne suis pas méchante, non.
Pas méchante, non. Non, pas méchante. POURQUOI TU PLEURES. Dis moi. Vite, s'il te plait. S'il te plait, dis le moi vite, vite. VITE, dis le moi, VITE. Et plus tu es loin, et plus ton visage
s'efface, et plus je deviens folle, et plus tu es loin, et plus je suis folle. Les images s'entremèlent.
CRI. Silence. CRI. silence. CRI. silence. CRI. silence. CRI.
silence. CRI. silence. CRI. silence.
Et m'arracher les cheveux par poignets.
Et les mots s'accélèrent, s'accélèrent, s'accélèrent. Pour boire, capturer, dévorer ta silhouette dans ma tête; les émotions de ton corps réveillent la peau, le coeur et la fleur entre les
cuisses. Ne je sais aimer pas, aimer pas je ne sais, je ne sais pas aimer. Il n'y a que moi, et mon amour titubant, et mes mains maladroites, et mes folies passagères, et mon désir sous-jascent,
et ma violence silencieuse, et mes douceurs chocolats.
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