Lundi 23 mai 2011 1 23 /05 /Mai /2011 15:32

Lettre à l'Absence,


Je te reconnais, cavalière de mes nuits, je te reconnais sous la peau et sur les os.

Viens te loger plus près, bien plus près, non, viens, encore plus près.

Quel visage as-tu aujourd'hui? Montre moi et n'aies pas peur.

Il n'y a pas de temporalité dans ce monde sans histoire.

Laisse moi attraper ta main. Laisse moi te livrer les pensées d'anamorphose.

Je ne sais pas où tu es, ni quel est ton odeur, mais tu es là, et tu coules à l'intérieur.

Le sang est bleu sous la langue, sur les mains, et les jambes, le sang est bleu et c'est joli, regarde, les petites rivières.

Comme une pieuvre, une pieuvre gluante et humide qui viendrait glisser ses tentacules autour de toi, tout autour de ce corps que je ne connais pas.

 

Bleue.


Tu sais, c'est la nuit que je t'écris le plus.

Pensées sur fond rouge.

Je t'écris pour essayer de comprendre. Pourquoi me manques-tu autant, toi, l'Absente au mille visage?

Alors je te souris, joli mirage, je te souris et je m'endors dans la langueur de ton souffle sur ma joue.

Le lendemain commence la grande expédition, parcourir le corps et regarder si tu es venue me rendre visite dans la nuit. Bleus.Un, deux, trois, quatre, tu as tapé quatre coups et tu fais de moi ta douce fleur d'ecchymose.


Je suis piégée dans un amour sans coeur, un désir sans sexe et une tristesse sans âme.

 

Et c'est toi que j'attends.

 

Il faut que tu me donnes les réponses, offre moi ton âme, juste une fois.

Délivre moi de ce corps sans peau, redonne au paysage ses couleurs pour que je puisse m'étendre dans ce tendre enfer sans m'étouffer dans leur foutre sans mémoire. Habille moi de tous les vices dont tu me crois capable, fais moi disparaitre comme le dessin raté de mon visage d'enfant que tu gommes sans relâche, mange moi avec les doigts et sans sauce, rends moi amère dans les plaies et dans les paumes, fais de mon corps une oeuvre d'art, ton oeuvre d'art, sculpte moi à l'image de tes plus belles jouissances, et enfante moi avant que l'ombre n'engloutisse le soleil.


A pieds nus sur l'herbe morte, je commence à tourner, doucement, doucement, doucement, et puis très vite, ça tourne, tourne, tourne.Les enfants arrachent les ailes des insectes rouges, noirs, verts; la pluie d'été vient caresser mon amour fou, fou mon amour; je gratte les croutes de la nuit et le sang se répand entre les cuisses. Bleu, bleu, bleu. Je tourne, tourne, tourne, les mots embrassent tes lèvres folles, je tourne, tourne, tourne, de plus en plus vite. La violence des nausées se confond avec la puissance des vertiges, je vais tomber, très chère Absence, je vais tomber bien bas, et je t'attends, viens me rattraper et je marcherai sur tes pas.


X.

 

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Par Anna-Charlie
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Commentaires

J'arrive. Vite.
Commentaire n°1 posté par La Voleuse. le 08/06/2011 à 19h53
Je sens son poids sur mon épaule, ses cheveux qui me frôlent, elle est là, mon absente, je discerne presque les traits de son visage dans les ténèbres

Les mauvais rêves m'épuisent
j'ai les jambes lourdes d'angoisses et de regrets
je m'écroule et je me sens un peu mourir
ce qui m'effraie me rapproche d'elle
je ne veux pas l'oublier,
Je me complais dans le manque plus que dans le vide
aujourd'hui si je pense a elle
c'est a toi que je pensais autrefois
dans mes songes éveillés
autant d'illusions à oublier,
maudit soit à jamais le rêveur inutile...
Je voulais juste, allongée, sentir le matelas pencher d'un côté, que quelqu'un partage mon lit, n'importe qui, plutôt que m'atteler à ces confessions nocturnes
la nuit quand on ne dort pas le plafond prend milles visages, soutient des phrases comme une partition soutient des notes.
Non, un seul visage.
Je ne sais plus dormir, seulement fermer les yeux et les rouvrir en hurlant, hurlant ma douleur, le front perlé de sueur.
Sombre constat que d'entendre n'exister qu'à travers l'amour quand on l'a perdu. Je ne sais plus manger, je m'écroule, je ne sais plus dormir, je m'écroule, je n'entends plus que la voix des remords qui résonnent et me rongent, j'étouffe, l'échine courbée sous le poids des regrets.
C'est la valse des coeurs et j'en ai presque la nausée,
l'esprit balancé de tout côté, entre amour et désillusion,
la réalité toute distordue, la confusion du vrai et du faux naissant de l'insomnie, qu'on me souffle la réponse, qu'on me souffle les bonnes questions.

Et après?
Qu'un ange me souffle également la suite,
je ne veux pas dormir je ne veux pas dormir
j'ai peur des lendemains qui arrivent trop vite,
et ce soir le silence me fait peur, la chanson tourne en boucle,
je préfère m'en lasser plutôt que d'affronter le néant,
l'aube pointe le bout de son nez,
je ne sais pas m'arrêter, continuer, finir
je ne sais qu'amorcer,
j'ai toujours fuit avant la fin, je ne sais pas à quoi ca ressemble, une fin
Commentaire n°2 posté par E. le 25/05/2011 à 05h32

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