Je suis la fille du vide. Un prénom qu'on chuchote sous les draps. Un prénom qui ne s'appelle pas. Je cherche, au creux de mon cadavre désarticulé, un souffle, un cri, un songe. Je cherche ce qui
me manque. Mais rien ne sort, si ce n'est l'odeur d'un optimisme exacerbé. Se regarder dans les yeux et n'y voir que l'ombre furtive de vos peurs dans la nuit. Je n'aime ni les vieux, ni les
enfants, les deux points de non-retours qui saccadent le néant, ils sont effrayants.
Je vomis le corps des hommes. Et dénigre celui des femmes.
Je vous méprise, tous. J'ai 19 ans, et je baise avec le Diable.
J'ai compris aujourd'hui que la chute commençait. Je l'ai toujours su, à vrai dire. Un vertige insaisissable dont l'origine reste inavouable. On sait juste les coups de ciseaux dans le ventre.
Les plaies dans la cuisse. L'asphyxie dans le coeur. Le trouble, ce renouveau. Je n'attends rien de tout ça, c'est ce qui rend les choses sans fin.
Je ne veux pas le sexe. Je ne suis pas dans le désir, vu que je n'ai qu'un corps meurtri. J'ai déjà la morsure dans le cou, et le souffle sur le ventre. Tout est différent cette fois, je le sens.
On vole.
Un secret enfoui que nos yeux trahissent.
C'est Nicolas qui dit : "Tes yeux.. Qu'est-ce qu'ils cachent?" Je cache l'âme. L'âme qui terrorise. L'âme perverse et violente. On ne peut pas dire le sang, et le ventre qui s'ouvre,
lentement. J'ai peur de moi. L'assassine. Je suis capable de tout. Je cache S. et toute la fureur qu'elle m'inspire. La gorge qui pleure lorsqu'elle me regarde. Je sais les cris dans ses rires,
les larmes dans sa voix, et les séquelles dans ses mains. Je sais tout ça. J'hurle avec elle, en silence.
Elle, c'est le mystère. Un joli mystère qu'il ne faut pas découvrir, pas tout de suite. C'est une beauté douce, parfaite. C'est les mains dans la peinture, lorsque je saute dans la boue. C'est sa
voix, une caresse. C'est tellement de choses, inexprimables. J'ai peur, peur de me noyer dans une illusion que je serai la seule à voir. Peur des mots qui séduisent auxquels elle ne croirait pas.
C'est les yeux des hommes sur son corps, je pisse sur leur désir qui ne rime à rien. Je me surprends à haïr profondément, tout ceux qui effleurent son âme. Tout ceux qui la saisissent, un peu.
Tout ceux qu'elle trouve beaux.
Nous ne sommes pas tristes. Nous ne sommes pas folles. Nous sommes ailleurs, et tout paraît étrangement normal, là où nous respirons. Les hommes sont beaux, ici. Et la nuit inspire. En
apesanteur. Ici, il faut brûler le corps, et séquestrer le vide. Ici, tout est plus fort. Plus profond.
Un, deux, trois. Un, deux, trois.
Alors, il faut rêver. Ou s'effondrer.
Je ne savais pas que tu avais un blog, je viens de le découvrir.
Cachotière!