Jeudi 28 mai 2009


La tristesse des grands soirs. Un tourment qui nous vacille entre les côtes. La fenêtre ouverte. Tout est calme, même les oiseaux sont morts. Il reste la chouette qui effraie, la Reine des nuits. Le crépitement de la cigarette qui se consume. Le souffle nuageux regorgé d'amertume. La culpabilité, pourquoi ne m'a-t-elle rien dit ? Pourquoi tout avouer maintenant. "Regarde, regarde comme j'ai souffert." Elle ne m'en veut pas, mais elle se tue un peu plus tous les soirs. Un an de sa vie endormie à cause de moi et de ma putain d'indifférence. Si elle m'avait dit tout ça plus tôt ? Les pleurs, les regards dissimulés, les noyades du petit matin, les vomissements de jalousie. Je n'aurai rien changé, tout au plus esquissé un léger sourire dans le frémissement de ses ongles. Je ne voyais que lui et ses mains chaudes sur mes seins. Lui, l'homme. Le venin, à perpétuité. Condamnée à haïr les chiens et leur sexe rougit de désir impulsif. Il me ronge encore aujourd'hui tu sais ? Et toi, toi dans tes excès de violence, tu me demandais de te parler de ses yeux, putain. Je te disais tout. Comme j'aurai pu mourir dans ses bras, sans retenu. Et tu consolais, quand ça n'allait pas. Mais tu brûlais à l'intérieur. Tu voulais me tuer, tu te rends compte ? Tu voulais nous tuer. Je repense à tes yeux noirs et à tes joues roses. Tu étais belle, pourtant. Je ne veux pas de toi, je ne voudrai jamais de toi, D. Et tu pleures encore en me disant tout ça, ce soir. Qu'est ce que je dois faire, putain, qu'est ce que je dois faire. Aide moi. Fuis moi, je ne mérite rien. Je ne sais pas aimer, je ne sais même plus comment ça fonctionne. Je ne l'ai jamais su. L'amour est un grand bordel, sur le manège de la trahison. Je l'aimais d'un amour puissant, et il m'attendait le sexe dur il m'aimait en bandant au creux de mes reins. Je ne t'ai jamais vu, c'était impossible. Les hommes sont des porcs, tu sais. Les femmes également, mais des truies compatissantes. C'est pire, peut-être ? Ne m'embrasse pas, pitié. Va t'en. Je ne veux plus te revoir. Ne m'écris plus. Garde tout. Je ne rends pas les gens heureux, je les détruis à petit feu. Parce que je ne sais rien faire d'autre, je suis un brouillon souviens-toi. Ton ventre, et mes doigts qui se baladaient. Tu jouissais, et tu ne disais rien, tu serrais les paupières. On riait, mais je ne savais pas. L'amour est un sentiment qui ne se partage pas. Je ne peux tomber amoureuse que de ceux qui me méprisent tendrement. C'est pathologique. Tu ne me connais pas, tu ne pouvais pas m'aimer, ça n'existe pas les gens amoureux de moi. Tu as du te tromper, dis moi, hurle moi que ce n'est pas vrai. Tes courbes se dessinent sous tes maux, et je plonge dans l'absence. Viens dans mon bain, écoute, mon coeur ne bat pas sous l'eau, il se noie dans tes larmes fades. Vis, bordel, loin de moi. Je te quitte, pour toujours. Nous étions amies, que sommes-nous à présent ? Un souvenir piétiné.


Par Anna-Charlie
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