Vendredi 15 mai 2009


C'est elle, et ses pleurs dans la nuit. Ses craintes que rien ne console. Comment faire, comment lui dire ? J'aimerai qu'elle vienne se lover, là, entre mes côtes. Avaler ses larmes poussiéreuses et rire avec elle. Mais cette distance, putain. Je les hais, tous. Tout ceux qui ternissent son visage. Elle ne sait plus ce qu'elle est, rendez-vous compte! Il faudra tout reconstruire, pas à pas, tout doucement, sous la peau. Ce n'était pas un jeu, pas pour elle. Elle aurait pu se tuer pour son autre, vraiment. Même sous un train, elle s'en fichait. Pourquoi tout doit toujours se finir. La fin? Qu'est ce que c'est au juste? Un tourbillon qui n'apaise rien. Pourtant, tout lui pèse, vous savez, tout, même le silence. Même ses murs blancs qui la guettent. Même eux, regardez comme ils la dénigrent, ils la méprisent en criant. Elle y a cru, il ne faut pas croire, jamais. L'amour n'est qu'une euphorie périssable. Un drôle de tourment, qui chatouille le ventre avant de nous faire gerber. Elle voudrait arracher sa peau, pour que les maux puissent s'envoler. Il faudrait plus que ça, tu sais, il faudrait plus que ça. Te boucher le nez.. Te dévorer les yeux, elle n'est pas jolie, je t'assure. Te mordre la bouche,  et te coudre les oreilles. Tu penseras à moi, je ferai le singe, pour toi. Je dirai des blagues pas drôle, je tomberai de ma chaise. Ou même, je me mettrai toute nue. Si tu veux, aussi, je peux aller dire des méchancetés aux passants. Je veux bien marcher dans la merde, du pied gauche seulement. Ou du droit, oui d'accord. J'oserai même hurler des phrases perverses dans les églises. Aller manger dans l'assiette d'un riche homme d'affaire au restaurant. Je pourrai même voler tes bonbons préférés. Je deviendrai belle, si tu veux, et je te ferai danser, comme dans les films. Hé ! Même qu'on irait se baigner dans la piscine de Mme Bardot. (On tuera un de ses chiens, aussi. Ou, Mieux! On le kidnappera et on aurait une grosse rançon, oui oui !). J'veux bien chanter des chansons ringardes avec un vieux pantalon, c'est celles que je préfère toute façon. Souviens-toi, on était jeunes, on était belles. On osait tout, et on s'en fichait. Tu me promets que tu me souriras encore ? Juste un peu, pour toi. "Au bout du téléphone, il y a votre voix." Je t'aime, putain.



Par Anna-Charlie
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