Dimanche 19 avril 2009

 




Je voudrais rire, vibrer, trembler, suer, mourir, renaître. Je voudrais pisser sur le front des névroses surjouées. Je voudrais engloutir la dernière tarte aux myrtilles, et dévorer ses yeux, avec mes doigts, comme les deux dernières miettes restantes. Je voudrais pleurer, aussi. Encore un peu, pour effacer les traces des sensations nouvelles. Je voudrais me trouver, et me tenir le ventre, à pleine main. Je voudrais être le bruit des vagues, l'écume blanchâtre, comme une éjaculation trop précoce. Je voudrais être du sable dans les doigts des pauvres. Je voudrais me blottir, là, dans le silence des morts. Je voudrais connaitre l'asphyxie du coeur amoureux. Je voudrais arracher le visage de tout ces gens qui n'existent pas. Tout ces gens qui se ressemblent et que je vomis. Je voudrais lui masquer les yeux, pour qu'elle n'ait plus peur de rien. Je voudrais me cacher dans un bois, et dormir avec les loups. Je voudrais manger une sucette goût Cassis/Pomme/Citron. Je voudrais rester immergée dans l'eau plus d'une minute. Je voudrais mettre le feu aux pulsions nauséabondes des vieux dégueulasses. Je voudrais vivre, et bander. Je voudrais étouffer M. et la regarder dans les yeux. Je voudrais être la fille du rêve, la fille du feu, la fille du coeur, la fille du vent. Je voudrais courir plus vite que mon ombre. Je voudrais dessiner sur ses joues, et la prendre en photo. Je voudrais ne plus jamais dormir, mais cauchemarder les yeux vides et la gueule ouverte. Je voudrais entendre les cris de ma mère. Je voudrai conduire à contre-sens, pour tenter de remonter le temps. Je voudrai prendre soin des portes et des paillassons. Je voudrais voir N. et lui dire que nous sommes véritablement seuls. Mais nous sommes beaux, tous les deux. Je voudrais être un miroir, et cracher aux visages des sales pétasses. Je voudrais la préserver, jusqu'au bout. Je voudrais rire et danser aux enterrements. Je voudrais manger des fraises dans un monastère et dévergonder les moines. Je voudrais voir ses yeux briller, encore, des cerises dans ses boucles brunes. Je voudrais hurler sur tous les vieux, fatigués de n'avoir rien vécu. Je voudrais qu'on se taise ensemble, elle et moi, pendant toute une journée. Je voudrais sauter devant un écran de cinéma en criant, jusqu'à ce qu'on vienne me tabasser. Je voudrais ronger mes peurs pour que le vice éclate. Oui, j'aimerai sauter d'un pont. Trois, Deux.. Un... La chute s'enclanche, respire.

 



Par Anna-Charlie
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