Dimanche 11 juillet 2010 7 11 /07 /Juil /2010 17:00

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Ceci n'est pas une histoire. Les belles histoires, j'y ai jamais cru. Et puis, il faut croire que ça n'est pas fait pour moi, tout ça. Vous savez, les caresses dans les cheveux, les surprises au réveil ou bien le garçon qui s'arrête pour ramasser votre sachet de provisions qui vient de se craquer au beau milieu d'une putain de rue pleine de monde. Non, moi je suis plutôt le bonbon à la liqueur, le bien dégueulasse que tout le monde espère éviter. Mais, ça me va, j'ai confiance en ma solitude. Mes pensées en bouillie, mes miettes sur le trottoir, mes brûlures sous la peau, c'est rien tout ça, c'est juste le reflet déformant du journal d'une pauvre fille qui a perdu son corps, trop jeune.

Lundi 28 juin, 15H45 : 30 degrés. Jus d'ananas. Terrasse de café. Le garçon devant qui me sourit. Il est bien plus agé que moi, j'aime sa peau, couleur caramel. Ce doit être un habitué, oui, on les reconnait toujours, les habitués. Je baisse les yeux, et allume une cigarette. Les gens bougent autour. Les gens existent. Perdue entre deux chaises, j'attends qu'une âme s'arrête, que des mains viennent lacer mes chaussures.

 

                                                             Une boucle, deux boucles, et on tire, f o r t .

 

Faire un noeud autour de mon coeur. Pour empêcher ma voix de trembler, pour éviter d'aimer encore. Mais le monde ne me voit pas. Il sait me bouculer, oui, le monde s'excuse toujours, après la chute. Vous avez l'air fatigué, Mademoiselle D., vous feriez mieux de rentrer chez vous. Je vous ai marché sur le pied, Mademoiselle D., veuillez m'excuser. Je dévaste votre sexe, Mademoiselle D., je vous prie de fermer votre gueule.

 

Je suis une fleur. Une jolie fleur rouge. Fanée et brûlée à certains endroits, c'est le monde qui piétine. Une vénéneuse qui se balade au milieu d'innocents à pervertir.


16H : La chaleur se fait sentir sous mes pores. S.u.e.u.r. Les glaçons explosent sous mes dents. Le trop plein d'émotions qui dégoulinent le long de mon front. Ce sont les mots de la psychologue.


"- Pour l'instant, ce que je peux vous dire, Mademoiselle, c'est que vous êtes instable. Vous avez un trouble, quelque chose de très enfoui. Ca se ressent beaucoup. Vous n'arrivez pas à vous projetter dans l'avenir, qu'il soit proche ou lointain.  Mais je ne peux pas vous aider si vous ne parlez pas.


- Mais je ne veux pas qu'on me sauve. Et puis, les gens ont autre chose à faire que d'écouter une fleur se plaindre qu'elle n'a pas assez d'eau. C'est épuisant, et puis il fait trop chaud. Même moi, à force, j'ai appris à faire la sourde oreille, vous savez. Je me fatigais beaucoup trop. Trop de voix dans la tête. C'est un peu comme ces enfants à qui on fourre une tétine dans la bouche dès le moindre cri. C'est pareil pour moi, dès que les troubles ou les souvenirs ressurgissent, j'étouffe tout ça dans un grand sac plastique que je ferme à triple tour avec du scotch. Je bouche la fourmillière qui innonde mon cerveau. Se taire, et profiter de quelques secondes de répit. Parce que, c'est corriace les fourmis, ça ronge, et puis la lave aussi, ça brûle, alors le scotch ne tient pas bien longtemps. - silence - C'est le bordel à l'intérieur, pas vrai ?


- C'est bien, vous commencez à parler, continuez. Pourquoi ne voulez vous pas qu'on vous sauve ?


- Parce qu'il n'y a que comme ça que les gens s'intéressent à moi. Les blessures, ça fascine. Je deviens mon propre fait divers. Ca ne me rend pas triste, non, c'est déjà bien qu'ils me regardent un peu.  Alors, vous vous imaginez bien, si je n'ai plus ça, si je guéris, qu'est ce qu'ils verront ? Plus rien. Et j'ai peur de ma transparence.


- Ils regarderont autre chose, je suppose que vous avez beaucoup de qualités, il y a bien quelque chose que vous aimez chez vous. Parlez moi de ça.

 

 


                                              S            i            l           e         n       c        e

 

 

 

- Je sais pas. Je dis à A. que je n'aime pas ma différence. Je n'aime pas ma taille. Je n'aime pas mes grains de beauté. Je n'aime pas mes épaules, encore moins mes bras. Je n'aime pas mon visage, ni mes yeux, ni mes lèvres. Surtout pas mes cheveux, et je vomis encore plus sur mes mains. Mais c'est pas grave. Je ne me plains pas, j'essaye juste de m'oublier parfois. Peut-être que quelqu'un est venu, plus jeune, et il a aspiré mon amour propre. Peut-être qu'on ne m'a jamais appris. Peut-être que quand on a volé mon sexe, tout s'est déglingé. Ouais, ça doit avoir un rapport, surement, je suppose. Si il n'y a plus de sexe, il n'y a plus de désir, plus d'envie, plus d'âme, c'est pour ça que l'âm-our est mort.  J'aimerais avoir un autre corps, depuis l'enfance, depuis la bouche entre les cuisses, j'aimerais avoir un autre corps. Ca m'aiderait à m'aimer un peu plus, je crois. Mais, c'est comme ça, on choisit pas."

 

16H30 L'histoire de ma vie, c'est qu'il n'y a pas d'histoire, et j'ai peur de ce que je ne deviendrai pas.

 

17H : J'ai des mots qui me viennent, quand je pense à cette fille. Quand je pense à sa jupe qui se relève, tout doucement, après le vent, après la course sous la pluie. Quand je pense à sa voix, à sa langue, à ses ongles qui me supplient de la toucher. Quand je pense à ses gestes qui me repoussent, pauvre putain, jolie festin. Quand je pense à nos cheveux mouillés, au draps humides, à notre acidité. S'il te plait, petite fille, jolie chienne, suce, lèche, avale. 

A.s.p.i.r.e. m.o.i. p.l.u.s. f.o.r.t. Comme le dernier souffle de ton entre-jambe. Et. Tourne moi sept fois dans ta bouche, claque moi contre ta langue, avant de dévorer ma peau.

 

 

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Par Anna-Charlie
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Dimanche 27 juin 2010 7 27 /06 /Juin /2010 18:55

 

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C'est au milieu des gens que j'étouffe. Au milieu de leurs corps qui me rappellent dans quoi je me terre. Leurs yeux, leurs mains, leurs gestes. Je calque leurs mouvements sur ma peau pour éviter de m'occuper de mes membres. Je me regarde, une odeur inconnue. Le jour où je suis née, quelqu'un s'est trompé de corps. M'a dérobé ma chair au profit d'une carcasse étrangère. Et depuis c'est l'errance au milieu d'organes qui se fanent. Depuis, c'est le reflet que je me dessine dans les yeux des passants, reflet qui retourne les craintes de la petite fille. La bouche que je déforme, les yeux que je maquille, les joues qui se gonflent, dans le miroir. La grimace grivoise de l'enfant que je n'ai jamais été, que je n'ai jamais retrouvé. J'aimerai, un jour, sentir à nouveau l'éclat qui se distille en pépites de rires dans le regard. Mais. Anna-Charlie, petite fille de rouge à lèvres. Petite fille rêveuse, dans le coin de la pièce. Petite fille silencieuse qu'on oublie sur les aires d'autoroute. Petite fille qui se cache sous les sièges des voitures, juste pour voir si elle est vraiment invisible ou si c'est juste son manque de confiance qui la rend folle. Petite fille au souffle tiède, aux joues trop rouges. De honte. La honte du corps de l'homme qui s'approprie celui de l'enfant comme s'il s'agissait d'une nouvelle drogue à tester. Jusqu'aux dernières limites. Et pourtant.

 

                                 F e r m e r  les paupières, et se répéter. Tout b.a.s. Tout va bien, tout va bien.

 

Boire du sirop de fraise  à la bouteille, ne pas s'arrêter, voir jusqu'où le corps supporte l'A.s.p.h.y.x.i.e. Les gouttes sucrées transpirent de mes lèvres, s'étalent sur mes joues et rebondissent entre mes seins. Les gouttes de sang fruité qui me déchire l'âme. Je deviens collante. Rouge. Le corps, mon corps, son corps. Celui qui trahit mes blessures. Trop grande, trop encombrante pour être dissimulée. Comme la carcasse que je trimbale chaque jour en bandoulière avec ma tristesse qui fatigue et ma perversion qui dérange. Les gestes ne correspondent pas. C'est mettre des décolletés les jours où je suis fébrile. Les jours où je ne veux pas qu'on s'attarde sur mes yeux, parce que les yeux me trahissent, toujours. Le.regard.des.hommes.  C'est réveiller l'Homme-Animal et enterrer le Petit-Garçon. Devenir, le temps d'un soupir, l'Invisible, l'Oubliée. Comme avant. Je n'ai pas grandi, je n'ai pas muri, c'est juste le corps, c'est juste la masse qui s'élève. Trop haute. Aujourd'hui, je ne comprends pas le regard du monde sur moi. Sur mes épaules tellement larges que toutes les âmes en chute se raccrochent à mes clavicules, comme à leur dernière branche de secours.  Il n'y a qu'avec moi que les os craquent, que la branche cède. Qu'avec moi, et mes putains de troubles que je n'arrive pas à supporter. M'infiltrer dans les tresses des jolies filles et respirer à nouveau. Replonger dans ce temps où les gens me marchaient dessus, où les gens me bousculaient, où les gens ne me trouvaient pas dans la foule. Où je pouvais chanter, hurler, disparaitre pendant des heures, sans que personne ne s'en inquiète.

                                                Oublier le Monstre que je suis devenue.

Ce n'est pas moi qui décide d'écrire. C'est la solitude qui appelle l'écriture. C'est l'écriture qui m'englobe et ne me laisse aucun répit. C'est le corps qui s'exalte, c'est le corps qui s'exprime, c'est le corps qui dévaste. Il y a trop de mots dans ma tête, trop de silences enfermés. L'innondation se déverse sur la page blanche et je tache ma pureté. La pureté qui ne m'a jamais réellement envoutée. Je ne sens plus les brûlures sur mes doigts, lorsque la cigarette se consume. Je ne sens que l'enfant en moi qui me supplie de me taire. De rester la petite fille naïve et secrète de cours d'école. La fille qui écoute. De rester celle qui me détruit, celle qui trouble mes nuits.

 

                                                                              Pour écrire.

                                                                                       E.n.c.o.r.e.

 

Et les cendres s'empilent sur ma bouche, les mégots s'accumulent dans le bleu de mes yeux. "Je ne reconnais plus ta voix." Ce sont les pourritures. La moisissure qui s'entasse dans la gorge et sous ma langue, à force de séquestrer mes troubles à l'intérieur. Mais il faut sourire. Continuer, et se dire que tout va bien.  Et puis. Je ne suis pas malheureuse, vous savez, on est pas malheureux à vingt ans. Se rattacher aux filles pour réveiller l'existence, mon existence. Je me suis mise à aimer les filles, je jour où j'ai compris que les garçons ne me regardaient pas. Le jour où j'ai vu dans les yeux des Hommes que je n'étais pas comme les Autres filles. Trop grande. Trop large. Trop calme. Trop solitaire. Trop indécise. Le jour où j'ai su que j'étais la Fille sans âge. Les filles, c'est ma réponse à la solitude. Pour combler les vides entre mes reins et sous le coeur. C'est facile, les filles. Les filles, ça croit les jolies choses. Les filles ne sont pas dans le désir. Les filles oublient le corps. Alors, les filles sautent dans ma poche, les yeux fermés. Les filles, c'est la beauté de leurs peaux. Les baisers qui apaisent mes maux. Les filles, c'est une envie frivole, une passion d'adolescente. Il n'y a aucune crainte avec les filles, je connais le corps.  Mais. C'est B. qui dit: "J'aime quand tu tombes amoureuse d'un garçon, ça te va bien d'aimer les garçons." Mais. Je.ne.tombe.jamais.sur.le.bon.numéro. Alors, maintenant.

 

                                                   J'attends. J'attends. J'attends.


 

Le garçon qui viendra me dire

                                                         de

                                                                  ne

                                                                           plus

                                                                                     avoir

                                                                                                     p.e.u.r.

 

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Par Anna-Charlie
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Mercredi 16 juin 2010 3 16 /06 /Juin /2010 16:10

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Les bulles explosent sur mes lèvres comme son visage sous ma ceinture. Il se colle, il s'attarde, il se répend. Partout.

                                                                                             H u m i d e.

   

                                          Il ne faut pas penser à demain. Il ne faut pas penser à demain.
                                                         Il    ne     faut   pas    penser    à     d e m a i n.

Je redeviens la déconstruite. Celle qui ne sait pas où est la fuite. Celle qui n'a pas d'empreinte. Celle qui reste sans visage. Dans un corps-trop-encombrant. Celle dont les pleurs viennent des paumes. Celle dont les yeux tremblent. Je redeviens l'indolore.

Silencieuse. Sauvage. Secrète. Je redeviens la fille qui n'ose pas déranger, la fille qui écoute et qui oublie tout. La fille qui rate, parce qu'elle ne sait pas se servir de ses mains. La fille étrangère. Ton étrangère. Celle qui ne sait écrire que dans sa tête.

J'écris avec ta plume. Et je fais des taches, partout. Je t'ai sur les doigts, et sur mes draps. Sur mes paupières et sur mes lèvres.

                                                     S a l e.    S a l i e.   S a l o p e .

Recouverte de bleues. Et me dire que c'est toi. Toi qui me crache dessus. Un jour, nous nous envolerons ensemble, les nuages en guise de caresses. Un jour, nos cheveux s'entre-mèleront. C'est comme ça, c'est notre histoire, c'est comme ça.

Rien a de sens, et tout se suit. Ce n'est pas comme ça que ça doit se passer, ce n'est pas comme ça que ça doit se passer. Un jour, j'écrirais une histoire, ce sera le testament de mes envies les plus sales. Ce sera la recherche de l'enfance oubliée sur le trottoir du marché. Ce sera la recherche de ta main que je n'ai pas osé attraper. Ce sera la courbe de tes lèvres que je n'ai pas tenté de frôler. Ce sera ton corps sous le mien. Ce sera toi dans ma tête. Toi qui deviendra mon nouveau secret, mon nouveau trouble que j'essayerai de masquer. Que j'étoufferai. En me disant que.

                                                   C'est. Impossible. Que. Tes. Yeux. Me. Regardent.

Et puis. Je parlerai au Ciel. Sainte Marie, priez pour moi pauvre putain. Protégez moi de ses cuisses. Et pardonnez mon désir. Et ma bouche qui l'appelle.

Avaler mes cheveux. Les laisser pourrir au fond de ma gorge. Laisser les bêtes s'emparer de mon vide à l'intérieur.                         

 

                                   M.o.i.s.i.s.s.u.r.e.s. Ne pas cracher, ne pas cracher, ne pas cracher.

 

C'est comme ça, c'est comme ça que je reste la s i l e n c i e u s e .

 

 

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Par Anna-Charlie
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Vendredi 11 juin 2010 5 11 /06 /Juin /2010 16:14

 

 

T'as froid ? Non.
Mais tu trembles. C'est l'orage.
Ah, t'as peur ? Non.
J'te comprends pas. Y'a rien à comprendre, c'est moi qui explose, mais tu ne le vois pas.
T'es trempée, viens on rentre. Non.
T'es chiante comme meuf, toi. Ouais.

A-C, tu me fais flipper, qu'est-ce que tu fous avec tes mains, là ? Rien, je dessine les éclairs, donne moi une clope.
Tiens, et raconte moi une histoire, j'm'emmerde là.  J'connais pas d'histoire.
Parle moi de toi alors.   Je sais pas faire ça.
Essaye.

Quand j'étais petite, je voulais devenir quelqu'un. Aujourd'hui, j'essaye juste de trouver qui je suis pour devenir quelqu'un d'Autre. Le problème, c'est qu'on est plein dans ma tête. Ils se battent tous pour prendre la place de l'autre. Du coup, c'est la destruction assurée, et je ne suis plus qu'un grand vide rempli d'eaux sales. Une ruine. Et tous les jours je fouille sur les cimes de ma mémoire pour trouver ce qui cloche à l'intérieur. Et le pire, c'est que je trouve jamais rien, tu vois ?

Pas trop, mais qu'est-ce que tu voudrais être au juste ?

Je sais pas, un peu moins conne, un peu moins sensible, un peu moins lunatique, un peu moins destructrice, un peu moins indécise, un peu moins peureuse. Mais j'y arriverais jamais, il faudrait que je change de corps pour ça. Et j'ai déjà essayé, ça marche pas. Il n'y a que la nuit, quand tout le monde dort, là je me sens bien, parce que je suis seule. Et quand la solitude m'étouffe, alors je parle aux Filles, ou aux Garçons. Je leur donne l'impression d'avoir de l'importance, et je les oublie dès que le soleil se lève. Ou alors, j'm'allonge, je regarde mon plafond et on discute. Nue sur mon pieu, j'ouvre les fenêtres, j'attends que quelqu'un vienne, m'emporte, et me séquestre. J'attends que quelqu'un décide pour moi ce que je vais devenir. J'attends que quelqu'un rallume mon corps, lui redonne vie. Je sais qu'tu piges rien à ce que j'te raconte, mais j'aime bien voir ta gueule de con faire semblant de s'intéresser à moi.

Arrête d'être vulgaire, et puis, je fais pas semblant. Tu trembles encore, et l'orage s'est arrêté, tu veux ma veste ?

Non. Trop de nicotine dans le sang, trop de vide dans le ventre, c'est juste ça, ça fait lever mes poils. Le mec là-bas, avec le pantalon vert, non, ducon, derrière toi, il nous regarde mal, il a une tête de pervers, j'aime bien ça. Si il a un flingue je pars avec lui, et j'reviendrai buter tes gosses dans vingt ans.

Tu me fais pas rire.

De toute façon, tu rigoles jamais. Mais une vie en cavale, ça doit être drôlement excitant. La journée, tu baises, tu lis, et tu fumes. A la Gainsbourg un peu. Et le soir, tu braques, tu tues, et tu fuis. Tu deviens animal. Pas d'emmerdes.

C'est quand ton rendez vous avec le Conseiller d'Orientation déjà ? Tu devrais lui parler de tes projets, il va t'envoyer à l'asile ou en taule. Et là, toute la journée, tu glandes, tu glandes, tu glandes. Et puis, les barges, t'adores ça. Pas d'emmerdes.

Tu vois que t'es drôle quand tu veux. Toute la journée enfermée, t'es malade. J'ai besoin d'air, et puis je finirai par tous les tuer, les dingos. De toute façon, je sens que j'ai ça dans le sang. Et la violence, tu sais que ça m'connait. C'est comme ça depuis la cours d'école, je partageais mon goûter qu'avec les jolies filles, et je poussais les garçons dans les escaliers. Aujourd'hui, les gens disent que je suis Douce, mais il suffit de les claquer contre un mur, quand t'as le désir qui te chatouille pour qu'ils changent d'avis. Et puis, je sens que je vais exploser, je sens que je vais exploser.

Fais gaffe, ta clope est en train de s'éteindre.

Passe moi ton feu. Il caille en fait, t'aurais pu me proposer ta veste, allez viens on rentre, le mec en vert s'est barré, et puis, j'ai soif. On va à l'Impro, c'est ma tournée.

 

 

 

 

 

 

 

 

 


 

Par Anna-Charlie
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Samedi 8 mai 2010 6 08 /05 /Mai /2010 18:16

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L'odeur de l'été dans les cheveux. Dreads. Tresses. Empaillée vivante. Le bruit du monde autour. Etre loin, toujours. Ne pas saisir les gens, juste un vague sifflement intérieur. Suis-je mâl-ade ? La balle blanche qui occupe tout l'espace dans le ventre. A l'intérieur, tous mes cris ont les visages de noyés. Etouffés. La douleur s'intègre dans la chaire, l'apprivoise, la séquestre. Prisonnière de mes propres tourments, il ne reste que la main de B. qui me dit que je ne suis plus seule. Les larmes ne coulent plus, les larmes rebondissent dans ses mains et séjournent dans son ventre, en sécurité. B. est le secret retrouvé. B. restera La Fille.

 

Devenir la Nouvelle Pornographie aux yeux du petit F. Son nouveau corps à saisir. Ce n'est pas grave, il ne sait pas. Ses moustaches de lait le protège de mes mots, il ne faut pas le briser, il ne le faut pas. Mais. Dites-moi. Je veux comprendre, je veux saisir, la complexité des yeux d'enfants. Comment ça se passe. Dites moi. A l'intérieur, à travers la serrure. Dites-moi. Qu'est ce que le nouveau Désir. Le réveil des hormones. Qu'est ce que l'on ressent dans la gorge. Dites moi. Les sensations enlevées, volées, violées, trop vite. Les couettes de la petite fille, la fraise sur ses lèvres, et la terre sous ses ongles. Qui était-elle. L'enfant. Celle qui cogne à l'intérieur. Qui était-elle. Dites moi. Le sexe vierge qui brûle, je veux comprendre. Ne pas se sentir sale. Comment-ça-fait. R. dit que le corps n'est pas un objet. Mais. Continuer. Se dissimuler. Lorsque ses yeux se posent sur les seins. Fermer les yeux, encore, lorsque la porte tremble. Dites moi, dites moi. Les Autres n'existent plus. Les Autres. Les Autres ne me voient pas. Transparente dans le tunnel jusque dans leurs yeux. Les os sont saillants et la peau rougie. Il n'y a rien d'anormal, je veux juste dormir pour oublier, et je rêve que je ne dors pas. Et au matin, je n'ai rien oublié. Manger toujours plus pour combler un vide qui n'a pas de fond. Avaler cinq troubles et secrets par jour, et tirer la chasse.

 

                                                                                               A m e n

 

Cette histoire n'a pas d'histoire, ce n'est pas une belle histoire, rien a de sens, peu importe, l'encre coule et vos yeux salissent encore mes maux. Je ne vous en veux pas, mais je me surprends à vous détester. Ne pas comprendre et s'habituer à cette solitude. La faire devenir mienne, la sentir grossir dans la gorge et m'interdir de respirer la nuit. C'est la non-histoire de E.  E. , c'est arracher les ongles vernis des filles en fleur. C'est viser la braguette des garçons avec des pistolets en plastique, leur faire peur. Main dans la main. E. , c'est braquer une banque et s'embrasser devant les caméras de surveillance. C'est brûler la peau des vieilles personnes, et n'avoir de pitié pour personne. Surtout pas pour les enfants, leur prendre cette innocence qui nous nargue. Cette innocence que nous avons perdu en même temps que notre première dent de lait. Ces moisissures que personne n'est venu chercher sous l'oreiller. E. la fille de l'air. Fille aux cheveux noirs, le trouble sous les draps, les marques sur la peau. Le fantôme qui nous souffle dans la bouche. E. la fille qui s'endort sur ma langue et que je dessine sur ma robe. Jolie fille de terre. Elle coule dans ma gorge, comme elle grimpe dans le sexe. Elle s'accroche à mes pores et me dérobe des.petits.bouts.de.peau. C'est elle que j'avale, ses cheveux me chatouillent les cordes vocales. Il ne faut pas tousser, la garder, la garder, e n c o r e. La torture qui fait pleurer mes yeux, et frémir mes lèvres. Elle se balade à l'intérieur. Elle saute. Elle court. Mes organes la cherchent, elle est coincée dans la bulle, au centre du ventre, au milieu de mes visages engloutis. Jolie fille de l'eau. Trouvée, dissimulée dans mon sexe, et dans mes cris que la nuit étouffe. L'opération est pour bientôt.

 

 

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Par Anna-Charlie
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