Samedi 14 mars 2009 6 14 /03 /Mars /2009 18:31
Je prends le métro, le couloir de la mort. Les gens cloitrés, les uns sur les autres. Silencieux, dans la pénombre. J'imagine toujours la bombe, l'explosion. Je vois les gens, déformés, pétrifiés. Je vois le sang, et la panique. Je les méprise, tous. Aujourd'hui tout est brisé. Ceux sont eux qui me dénigrent. C'est le vieux assis à coté de moi et qui sourit. Je ferme les yeux, très fort. Je ne sens pas sa main sur mes cuisses, non, je ne la sens pas. Je devrais hurler, bouger, sortir, réagir. Je ne fais rien. Je reste là, les jambes ouvertes. Je lui offre le corps. Je ne veux pas ouvrir les yeux, je ne veux pas voir son sexe. Le coeur bat. Puis, une voix étrangère. Une voix rauque, et grave. Une voix d'homme. "Pauvre con." Je sens une autre main sur la mienne, une main douce, et froide. J'ouvre les yeux, c'est Tania. Tania, l'homme. Tania qui sauve. "Viens, reste pas là". Je ne dis rien. Je ne regarde pas ses yeux. Le métro s'ouvre, je cours, sans me retourner.

J'arrive au manège de la place Wilson. Le parc. Celui où l'homme pleurait et hurlait avec son chien. Je me cache derrière mon arbre. Les regrets. La peur qui les provoque. Comment font les autres, les forts? Ceux qui n'ont peur de rien. Ceux qui ont confiance en leur chair. Ceux qui ne rougissent pas. Je reste là, des heures. Je repense à  sa voix. A sa peau froide. Une peau déjà morte, d'où vient-elle? Je ne l'ai même pas remerciée. Pauvre conne..

Tania. Une étrange douceur. Sa peau mate et ses yeux bleus orages. Electriques. Ses cheveux noirs. Plus noirs encore que mes peurs dans la nuit. Elle parle fort, trop fort. Elle mange la bouche ouverte et s'assoit toujours au dernier rang. Elle arrive toujours en retard, et ne s'excuse jamais. Tania ne me connait pas. Tania ne m'a jamais regardé. Tania, l'homme qui sauve.





Par Anna-Charlie
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Samedi 14 mars 2009 6 14 /03 /Mars /2009 17:33

Je voudrais être ma propre héroïne, mais le sujet serait trop creux. Ma vie est un théâtre où je ne suis même pas la protagoniste principale. J'écris, je raye. Je raye, j'écris. Cela ne mène à rien, un cynisme désenchanté.
C'est alors qu'il y a une voix, et des griffes sur le ventre. Une renaissance :

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Par Anna-Charlie
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