Dimanche 26 avril 2009

 

Devenons les Beautiful boyz.

C'est le Bikini introuvable. C'est la peur dans le ventre. C'est A et S que je découvre. Madame vomis. C'est les hamburgers arabes. L'araignée qui faisait lever la myrtille. C'est les coïncidences des déguisements. C'est les Parisiens qui s'embrassent, et nos chansons d'amour fredonnées.  Elles nous suivent partout. C'est vos histoires de fourchette dans les cheveux, "T'as du feu dans tes cheveux ?" Putain, ce que vous êtes jolie. C'est votre genoux qui est vraiment pourri. C'est le coca jeté dans la poubelle. C'est vos yeux dans votre petit miroir de poche. C'est votre tête contre mon bras. Mononucléose, Mononucléose : "Ne vous inquiétez pas, c'est pas pour vous embrasser", je ris. C'est la très jolie fille blonde. Avec le T-shirt Bob Dylan et les tongs aux pieds. "Ne fais pas la fille superficielle, ça te va vraiment pas." Votre morsure sur le bras. La trace qui n'est restée qu'un jour. C'est les détestables qui ne veulent pas se pousser. C'est la petite soeur qui ose tout. "Peut-être, peut être." L'attente. La naine derrière moi. C'est le "Tu es sublime" qui la fait sourire. Mais, ne regrettez rien, elle vous a trouvé belle. C'est l'attente. Celle qui ne savait rien faire et qui chantait faux. C'est le batteur qui me fait pleurer dans le noir. Vite,Bianca, vient me sauver, je t'en prie.
Bianca, arrive. Le coeur qui se retourne. Le souffle coupé. Elle est belle. D'une beauté vraie, qui bouleverse et détruit le ventre. C'est Sierra qui me fait rire. La main de Melle S. Bianca qui regarde, parfois. Elle nous reconnait, c'est sûr. Nous étions ensemble, dans la maison de nos rêves. Vous lui tiriez les cheveux, et je jouais du Banjo. On riait, sous la table. C'est l'ogre qui hurle "Ohlalalala les filles. Les cocos quoi !" AAArgh, nous aurions du l'étrangler. C'est le vin qu'elle renverse, et son "pétasse". Brûlons là. C'est Bianca qui ne réagit pas, et qui se fout de tout. C'est la crise de lucidité, "là à deux mètres, ce sont elles." Les larmes que je ne retiens pas. Melle S qui me pince, fort. Je voudrais les embrasser, sur la moustache. Bianca s'éclipse souvent. Elle boit du vin. "Elle est peut-être sur msn." Plus rien ne compte, plus rien n'a d'importance, tout prend sens, les mots ne mesurent rien. 

Recette Magique contre les taches de vins : Mettre dans de l'eau chaude savonneuse, en ayant pris soin de soupoudrer la tache d'un peu de sel au préalable.

Par Anna-Charlie
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Mercredi 22 avril 2009



Mademoiselle chavire, déjà beaucoup trop vite. Monsieur Néant.

"Je fais du train, beaucoup, beaucoup de train."

"Alors fonce. Baise le Mirail et va-t'en vite."

"J'ai commencé parce que je voulais chanter du Brassens."

"C'est déjà bien d'être en lettres. C'est important les lettres. Moi j'dis avec les lettres tu peux faire plein de trucs!"

"Ca m'embête, ça."

"Maintenant je fais du Jazz manouche. C'est drôle, non ?"

"Ecris-moi ce que tu veux."

"Voilà, c'est à peu près tout."


Par Anna-Charlie
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Dimanche 19 avril 2009

 




Je voudrais rire, vibrer, trembler, suer, mourir, renaître. Je voudrais pisser sur le front des névroses surjouées. Je voudrais engloutir la dernière tarte aux myrtilles, et dévorer ses yeux, avec mes doigts, comme les deux dernières miettes restantes. Je voudrais pleurer, aussi. Encore un peu, pour effacer les traces des sensations nouvelles. Je voudrais me trouver, et me tenir le ventre, à pleine main. Je voudrais être le bruit des vagues, l'écume blanchâtre, comme une éjaculation trop précoce. Je voudrais être du sable dans les doigts des pauvres. Je voudrais me blottir, là, dans le silence des morts. Je voudrais connaitre l'asphyxie du coeur amoureux. Je voudrais arracher le visage de tout ces gens qui n'existent pas. Tout ces gens qui se ressemblent et que je vomis. Je voudrais lui masquer les yeux, pour qu'elle n'ait plus peur de rien. Je voudrais me cacher dans un bois, et dormir avec les loups. Je voudrais manger une sucette goût Cassis/Pomme/Citron. Je voudrais rester immergée dans l'eau plus d'une minute. Je voudrais mettre le feu aux pulsions nauséabondes des vieux dégueulasses. Je voudrais vivre, et bander. Je voudrais étouffer M. et la regarder dans les yeux. Je voudrais être la fille du rêve, la fille du feu, la fille du coeur, la fille du vent. Je voudrais courir plus vite que mon ombre. Je voudrais dessiner sur ses joues, et la prendre en photo. Je voudrais ne plus jamais dormir, mais cauchemarder les yeux vides et la gueule ouverte. Je voudrais entendre les cris de ma mère. Je voudrai conduire à contre-sens, pour tenter de remonter le temps. Je voudrai prendre soin des portes et des paillassons. Je voudrais voir N. et lui dire que nous sommes véritablement seuls. Mais nous sommes beaux, tous les deux. Je voudrais être un miroir, et cracher aux visages des sales pétasses. Je voudrais la préserver, jusqu'au bout. Je voudrais rire et danser aux enterrements. Je voudrais manger des fraises dans un monastère et dévergonder les moines. Je voudrais voir ses yeux briller, encore, des cerises dans ses boucles brunes. Je voudrais hurler sur tous les vieux, fatigués de n'avoir rien vécu. Je voudrais qu'on se taise ensemble, elle et moi, pendant toute une journée. Je voudrais sauter devant un écran de cinéma en criant, jusqu'à ce qu'on vienne me tabasser. Je voudrais ronger mes peurs pour que le vice éclate. Oui, j'aimerai sauter d'un pont. Trois, Deux.. Un... La chute s'enclanche, respire.

 



Par Anna-Charlie
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Dimanche 19 avril 2009
"J'ai 10 ans. Des billes plein les poches, j'ai 10 ans. Les filles c'est des cloches, j'ai 10 ans. Je rêve et je vole. Si tu m'crois pas hé! T'ar ta gueule à la récré!"


 

 

Musique : Les ciseaux pointus, Les Elles.


 

Par Anna-Charlie
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Mercredi 15 avril 2009


Je retrouve S. Je ne veux pas le voir, je ne veux pas le voir, je ne veux pas le voir. Je me tais à présent. Tout resurgit. Ils ne comprennent pas pourquoi je l'ai quitté. "Il était beau, gentil, et fou amoureux, Anna, tu ne sais vraiment pas ce que tu veux." C'était l'ennui, avec lui. Le sourire qui se forçait. Les cuisses serrées quand il me touchait. Comme un viol, à chaque fois. Ca l'excitait, je le sentais. Je me détestais. C'était le silence quand il disait qu'il m'aimait, et qu'il serait toujours là. La mort, encore lorsqu'il pleurait, en disant que je lui manquais. Les yeux vides, la nausée du baiser. Je ne pouvais plus mentir. Je devais renaitre. Ils ne savent rien. Le rire se force, je veux arracher la peau. Plus que 6 heures, avant la délivrance.


Je pense à la dernière fois que j'ai vu T. J'entends: "Elle m'énerve cette fille, elle est sans gêne." Elle ne me regarde pas. Un chapeau de paille, et un jean troué. Pieds nus. Elle embrasse un homme. Un pauvre chien. J'etouffe. C'est la première fois, depuis le métro. Et ce rêve, avec elle, heureuses dans notre dernier souffle. Les derniers mots: "C'est fou, tu vois, comme je te tiens. Là, entre mes cuisses. Il devrait être interdit de mourir autrement. Le vide disparait, et laisse place aux cris. A la jouissance, extrème. L'ultime combat. Le gouffre qui hurle. Oh oui, Tania, je t'aime. Je te serre. N'aies plus peur, respire." Nous étions belles. Il faut oublier.

 

Je retrouve M. Elle a changé depuis Lille. C'est le bleu sur ses yeux. Et les chaussures rouges, la jupe en cuir noir. "T'as vu comme c'est sexe". Non, Marianne, ce n'est pas sexe. Ce n'est pas le souffle sur le bas du ventre. Ce n'est pas la morsure dans le cou. Ce n'est pas le liquide dans les yeux. C'est le corps dévoilé. Il n'y a plus de magie, Marianne. Tu es comme les hommes. Trop dure. Trop rapide. Tu étais si belle avant, l'enfant. Avec la pince dans les cheveux, et le lait sur les lèvres. "Alors, A-C? Quoi de neuf! C'est bon de te retrouver. Sept ans, c'est beaucoup trop. Plus jamais, d'accord?". Marianne, la voix de l'enfance. Le prénom qui carresse. C'est l'odeur des fleurs qu'on cueillait dans le jardin, pour sa grand-mère. C'est le gâteau au chocolat que je n'aimais pas. C'est le grincement de la balançoire qui effrayait dans la nuit. C'est les mots sur l'agenda. C'est les paupières que je serrais, et les mains sur les oreilles lorsqu'elle avait de l'asthme. Je sentais la mort. C'est le voyage à Malo les bains, et les "Je t'aime, tu es comme ma soeur" derrière le bungalow. C'est les premiers baisers. Et tant d'autre chose. Marianne, ce n'est plus rien. Une ombre furtive, de l'enfance qui se dissipe au fil du coeur. Elle me raconte, sa nouvelle vie: "Je t'assure, c'est génial, la voiture, l'appart', le pied! Et puis, c'est plus pratique pour Victor... Je t'ai déjà parlé de lui, non? Il est parfait. Tu le verras un jour, tu verras comme il est beau. Et puis, niveau sexe, c'est l'éclate! Bon, et toi? Dis moi tout!"

Il n'y a rien. J'aurai du la gifler, ou la prendre avec moi, pour l'apprivoiser, et en faire quelqu'un de vrai.


L'appartement d'Anouk. Les fraises dans la nuit, et les yeux qui brillent. Les chansons alcoolisées. La chantillis dans la bouche. Nos corps nus devant la voisine. Perverses. Les pleurs et les cris d'A et de L. La main de Laura. Le jus de framboise. Les calories des cracottes. Les rencontres improvisées. Les photos magiques. F et ses histoires de fesses. F et ses histoires de mort. Les tombeaux délaissés, la tristesse. C'est C.M et sa prétention, mais ses yeux lui pardonnent tout. C'est la Luthière Salomé, que je regrette. Et tellement de choses inavouables.


C'est Melle S aussi. Qui est partout. Je rêvais, vous savez, quand elle était là. Ce n'était pas possible, pas ici. C'est Clara, aussi. La folie burlesque. Elles sont belles, ensemble. Elles rient, d'un rire vrai. Elles sont seules, dans ces moments là. Je les jalouse, peut-être un peu. Je me surprends même à imaginer les traits de cet Ignacio. A dessiner ses yeux, et inventer sa voix. Je dois penser à Melle S beaucoup plus qu'il ne devrait. Est-ce que c'est pathologique ?


Par Anna-Charlie
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Le délice amoureux.

 
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