Lundi 15 juin 2009





Les mots sont morts. Le Delta qui remue sous la peau. Lui, il connait mes mains. Il console mes lèvres. Et mange mes cookies. Son ventre nous sourit, regardez. Plus rien ne compte, puisqu'il y a ses bras.
Par Anna-Charlie
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Dimanche 7 juin 2009


Ses phrases anglaises. Sa main sur mon dos. Ses yeux, et ses tatouages. Je ne veux rien raconter, c'est tellement de larmes dans les veines. Kimya, une beauté qui nous bouscule. Une drôle de fragilité, que l'on savoure.

Par Anna-Charlie
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Samedi 6 juin 2009




Je suis la fille du vide. Un prénom qu'on chuchote sous les draps. Un prénom qui ne s'appelle pas. Je cherche, au creux de mon cadavre désarticulé, un souffle, un cri, un songe. Je cherche ce qui me manque. Mais rien ne sort, si ce n'est l'odeur d'un optimisme exacerbé. Se regarder dans les yeux et n'y voir que l'ombre furtive de vos peurs dans la nuit. Je n'aime ni les vieux, ni les enfants, les deux points de non-retours qui saccadent le néant, ils sont effrayants.
Je vomis le corps des hommes. Et dénigre celui des femmes.
Je vous méprise, tous. J'ai 19 ans, et je baise avec le Diable.

J'ai compris aujourd'hui que la chute commençait. Je l'ai toujours su, à vrai dire. Un vertige insaisissable dont l'origine reste inavouable. On sait juste les coups de ciseaux dans le ventre. Les plaies dans la cuisse. L'asphyxie dans le coeur. Le trouble, ce renouveau. Je n'attends rien de tout ça, c'est ce qui rend les choses sans fin.
Je ne veux pas le sexe. Je ne suis pas dans le désir, vu que je n'ai qu'un corps meurtri. J'ai déjà la morsure dans le cou, et le souffle sur le ventre. Tout est différent cette fois, je le sens. On vole.
Un secret enfoui que nos yeux trahissent.
C'est Nicolas qui dit : "Tes yeux.. Qu'est-ce qu'ils cachent?"  Je cache l'âme. L'âme qui terrorise. L'âme perverse et violente. On ne peut pas dire le sang, et le ventre qui s'ouvre, lentement. J'ai peur de moi. L'assassine. Je suis capable de tout. Je cache S. et toute la fureur qu'elle m'inspire. La gorge qui pleure lorsqu'elle me regarde. Je sais les cris dans ses rires, les larmes dans sa voix, et les séquelles dans ses mains. Je sais tout ça. J'hurle avec elle, en silence.
Elle, c'est le mystère. Un joli mystère qu'il ne faut pas découvrir, pas tout de suite. C'est une beauté douce, parfaite. C'est les mains dans la peinture, lorsque je saute dans la boue. C'est sa voix, une caresse. C'est tellement de choses, inexprimables. J'ai peur, peur de me noyer dans une illusion que je serai la seule à voir. Peur des mots qui séduisent auxquels elle ne croirait pas. C'est les yeux des hommes sur son corps, je pisse sur leur désir qui ne rime à rien. Je me surprends à haïr profondément, tout ceux qui effleurent son âme. Tout ceux qui la saisissent, un peu. Tout ceux qu'elle trouve beaux. 
Nous ne sommes pas tristes. Nous ne sommes pas folles. Nous sommes ailleurs, et tout paraît étrangement normal, là où nous respirons. Les hommes sont beaux, ici. Et la nuit inspire. En apesanteur. Ici, il faut brûler le corps, et séquestrer le vide. Ici, tout est plus fort. Plus profond.

Un, deux, trois. Un, deux, trois.

Alors, il faut rêver. Ou s'effondrer.

Par Anna-Charlie
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Samedi 6 juin 2009


La nuit m'appelle, et engouffre tout.

Les raclures de mon être se débattent au fin fond de mon cortex. Les tourments de l'absurde réalité ne me laisseront jamais vaine. J'hurle mon aliénation délirante aux organes pétris de ma rage. Mais seules la honte et la lassitude compatissent. Les sexes se mélangent, s'entrelacent, et se maudissent. Plus rien ne compte. Tout frémit sous le poids de la chasteté. Dieu me méprise. Ma névrose lui sourit. Il suffirait pourtant d'un souffle. D'un cri. D'un coup. D'un corps.Un corps délivré de tout ces déchets pestilentiels. Un corps soulagé de toute conscience.
Un corps pur.

 La nuit m'appelle, et n'engouffre rien. 

Délivre moi. Déteste moi. Dévore moi.

Dévore la, cette chaire pourrie et rongée par tes silences.
Puisque tout se meut. Puisque tout s'essouffle.
Je rampe inlassablement sous tes absences.
Je crache mon haleine vide sur tes organes désarticulés.
Je gerbe ma rage assoiffée de tes promesses indélébiles.
Je m'amuse de ma déchéance dévergondée que rien n'atteint. Si ce n'est les hurlements dérisoires de ton sourire figé. Muet.

Mais, agrippe toi, arrache la, cette main que je te tends et qui bouillonne.
Le poids de tes sournoiseries mesquines piétinent mon orgeuil nauséabond.

Tout est troublé. Depuis toi.

Tu me tues, bravo.


Par Anna-Charlie
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Lundi 1 juin 2009


Tout redémarre, la partie recommence. Je (gué)ris. Je le déloge, en douceur. Amoureusement, je le laisse partir. L'empreinte de ses pas resteront sur mes doigts, mais elles arrêteront enfin de me broyer le sexe. J'écouterai de jolies choses, je lécherai mon assiette en laissant des traces sur mon nez, j'arracherai mes photos, je ne mettrai plus de chaussures. Le torse nu face au reste du monde. Je pisserai avec elle, et nous pisserons debout. Comme des hommes en cherchant l'équilibre. Même que nous boirons du Yop, encore. Il faudrait passer une journée toute les deux, avec la moustache de Bianca en guise de parapluie. On irait sur le carrousel, on chanterait "Le coup de soleil", on sera ringarde mais on sera belles. Et toutes ces putains de choses, je les aimerai pour moi, rien que pour moi. Je serai seule, enfin.

J'ai rêvé de Tania. C'était une fille désirable. Elle dansait sur de la vieille Folk, dans un bar miteux. Tout ralentissait, et tout s'illuminait au rythme de ses coups de hanches. Une jolie pute. Une pute que j'embrassais sans pudeur, devant tout les hommes que nos seins faisaient durcir. Ca l'excitait, elle les touchait pendant que sa langue crachait son poison au fond de ma gorge. Son parfum. Celui de ma jeunesse, de mes vacances. Un mélange de monoï et de framboise. Les fugues dans la nuit, les alcools interdits. Les premières cigarettes. Les bains de minuit, les criquets qui s'époumonent. Les sculptures de sable par tonton C. Le poulet/frite de ma grand-mère. Les méduses, les poissons et les cailloux. L'équilibre et les concours de pirouette dans l'eau. Le masque et le tuba qui déforme le visage. Les histoires d'horreur de ma cousine, derrière le paravent. La vase sur les pieds. La pêche, le matin, à 7H. J'avais mon propre filet, j'étais grande, mais je n'osais pas toucher les crabes. L'odeur des crevettes dans la marmite. Notre pêche, la première fierté. La blessure du petit frère. Les courses jusqu'au poste de secours, en roller, à pieds, en trottinette. Un carreau sur deux : T'es fort. Un carreau sur trois : T'es un super héros. C'est F, et notre drôle d'amour. F avait 30 ans, il était seul, toujours. J'avais 10 ans. On était amoureux, mais c'était un secret, on s'était promis de s'épouser lorsque j'aurai 20 ans. Ce n'était pas malsain, il était drôle, et me protéger des chiens. La bague qu'il m'avait donné, je la mets dans mes cheveux, parfois. Le goût des glaces à la cassis sur mes lèvres. Ses "tu es belle", alors que personne ne me voyait. Notre cachette, et l'odeur de son appartement. Les jeux de cartes. Sa façon de me coiffer, doucement, mèche par mèche "Ca va, je ne te fais pas mal ?". Il me portait, et me tenait pour ne pas que je tombe de son zodiaque. Ma mère ne l'aimait pas. Elle n'aime pas les solitaires, ma mère. C'est peut être dangereux. On a sauvé un enfant, ensemble un jour, on était dans "Nord Eclair". Notre photo de mariage. "Tu m'oublieras pas, plus tard, hein, tu m'oublieras pas ?" On se tenait la main, comme des grands. Mon père m'a interdit de le revoir. Je ne sais pas où il est aujourd'hui. Ni ce qu'il a fait durant ces 10 années. Mon oncle m'a dit qu'il était mort. Ma cousine, elle, croit qu'il est en Inde. Je suis sûre qu'il me sourit, de là où il est. Ce parfum, c'est aussi la chambre fermée de ma cousine. Et nos découvertes sexuelles. Toute ma perversité explosait dans ces moments là. C'est la bergerie, et les culottes de Maryse. C'est le rire de B. Les promenades à vélo avec Vincent. Les courses dans la forêt, la nuit, avec Delphine, c'était un jeu qui me faisait peur. L'odeur de Tania, c'est tout ça à la fois. Je la jette, dans les bras des fauves. Ils jouissent tous, dans un cri incontrôlé. Ses yeux me guettent, mais je m'évanouis. Et si plus rien ne comptait ?





Par Anna-Charlie
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Le délice amoureux.

 
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