Mardi 17 janvier 2012 2 17 /01 /Jan /2012 00:03

 

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Je l'ai fait.

Ce n'était ni douloureux, ni froid, ni chaud, ni dur, ni répugnant. Je l'ai fait c'est tout.

C'est parti d'un coup. Comme ça.

Je pensais... je sais pas... Je pensais que mes mains auraient tremblé ou que j'aurai réfléchi.. un peu, juste un peu. Mais non. Je l'ai fait.

C'est parti d'un coup. Comme ça.

Ce n'était ni douloureux, ni froid, ni chaud, ni dur, ni répugnant.

Je l'ai fait, c'est tout.

Je ne te parle pas de baisers sales dans le ventre de la chambre rouge, je ne te parle pas de tourbillons frénétiques dans ton jolie petit cul de pute, je ne te parle pas de tout ça. De quoi je parlais?

Je l'ai fait.

Je pensais que mes mains auraient tremblé, ou que j'aurai réfléchi, un peu, juste un peu.

Mais non, je l'ai fait.

De quoi je parlais?

 


Je parlais des filles, des garces, des belles, des salopes, des vraies, des fausses, des putes, des grosses, des maigres, des grandes, des toutes petites, des moches, des sensibles, des coeur de pierre, des allumeuses, des pétasses en carton, des fascinantes, des électriques, des macheuses de gomme, des suceuses de bite, des regards sombres, des inconnues, des trop connues, des connes, des trop-maquillées, je parlais des grandes gueules, des bouleversantes, des trop timides, des têtes à claque, des fleurs bleues, des suicidés, des amoureuses, des frigides, des infidèles, je parlais des hystériques, des jalouses, des maladroites, des déglinguées, des fatigantes, des ennuyantes, des mal fringuées, des secrètes, des manipulatrices, des fumeuses de joint, des paumées, des mal baisés, des sauvages, je parlais des connasses du supermarché, des gros cul, des boiteuses, des arnaqueuses, des folles furieuses, des complexées, des désaxées. Non, je ne parlais pas de ça.

 


De quoi je parlais?


Je parlais de cette fille au cheveux rouges, cette fille à la peau pâle, cette fille aux idées sombres, cette fille qui me brûle les lèvres avec du thé à la menthe, cette fille qui me fait peur parfois, cette fille qui me calme souvent, cette fille qui me retourne tout le temps, je parlais de cette fille qui me rend humide, cette fille qui cueille mes soupirs directement sur ma langue et qui les fait fleurir dans son ventre, je parlais de cette fille brûlante, cette fille à la voix douce, cette fille aux yeux d'aigle, cette fille si belle, je parlais de cette fille dans chacune de mes pensées, cette fille à la gueule cassée, cette fille toxique. Le désir animal, instinctif, spirituel de nos corps s'installe dans une tendresse sauvage, une tendresse nouvelle, une tendresse silencieuse. Non, je ne parlais pas de ça.

 


De quoi je parlais?

 


Je l'ai fait et c'était ni douloureux, ni froid, ni dur, ni répugnant, tu sais.


C'était pas si compliqué, finalement. Il suffisait d'avoir un peu de courage et de courir vite. Il suffisait d'ouvrir la bouche, et d'avaler tout, d'un coup. Il suffisait de se déshabiller en fermant les yeux. Il suffisait de laisser venir et de serrer les dents. De quoi je parlais?


Donne moi une gueule, une jolie gueule qui me cachera les jours de pluie, une jolie gueule que je m'étalerai sur tout le corps, une jolie gueule qui avalera leur désir perfide, une jolie gueule qui m'éblouira dans la glace, une jolie gueule de filles, de mecs, d'enfants, donne moi une gueule dont je n'aurai pas peur, donne moi une gueule, bordel, une jolie gueule bien dangereuse, une jolie gueule comme un flingue braqué sur leurs tempes, une jolie gueule que je cracherai dans la rue, une jolie gueule que je verrai dans tes yeux qui diront que je suis jolie-tout-court.


Ne me regarde pas comme ça, je n'aime pas quand tu me regardes comme ça, parce que je comprends pas quand tu me regardes comme ça tu sais, c'est pas de ma faute, j'ai pas choisi, ceci n'est pas mon sang, ni le tien, ni le sien, c'est le sang du monde dans nos têtes. J'ai pas choisi. Ne me regarde pas comme ça. J'ai besoin que tu m'aides, pas que tu me regardes, c'est gerbant quand tu me regardes, mets ta main sur mes yeux, voilà comme ça. Embrasse moi, embrasse moi, embrasse moi ou je saute. T'aimes pas ça, hein, quand ça hurle. Faudra p'têtre t'y faire, ça va gueuler encore longtemps, crois moi. C'est qu'le début, rien qu'le début. Rien q'un tout p'tit début ridicule.

 


...         ...            De quoi je parlais ?

 


Est-ce que ce sont tes doigts ou les miens? Est-ce que c'est ta chaire contre ma chaire ou ton vide contre ma fuite? Est-ce que c'est ta bouche contre la mienne? Est-ce que c'est une douleur dans le ventre, ou une excitation trop grande ? Est-ce que je te manque quand tu t'en vas sans te retourner, je ne demande pas grand chose pourtant, je ne suis pas de celle qui réclame. Est-ce que tu te souviens de mon nom? Est-ce que tu le trouves jolie, mon nom? Est-ce que parfois tu penses à moi comme je pense à toi? Est-ce qu'il y a des femmes qui me ressemblent? Oui, comment sont-elles? Bizarres, mais qu'est-ce que ça veut dire bizarres? Non, non, tais-toi, ce n'est pas de moi dont tu parles, tu ne me connais pas d'abord, est-ce que tu sais seulement de quelles couleurs sont mes yeux? Comment est mon grain de beauté sur mon sexe ? Comment me calmer quand j'angoisse? Est-ce que tu sais seulement comment je dors? Quelle odeur a ma peau? Et pourquoi je ne dors pas la nuit? Est-ce que tu sais toute ces choses? Non, alors ne dis pas bizarre, bizarre est un mot qui ne veut rien dire. Bizarre n'est pas un mot pour une fille, tu devrais le savoir. C'est toujours à cause de toi que je pleure, d'abord. Tais-toi, laisse moi renifler en paix, j'ai bien le droit de m'appitoyer un peu, non?


...

 


De quoi je parlais? Est-ce que tu le sais ?

 


Je sais plus, c'est de ta faute, je sais plus, je parlais de quelque chose de très grave, quelque chose que j'ai fait, et puis j'ai oublié, par ta faute, il ne reste plus que ce putain de sang dégueulasse sur mes doigts. Mes gros doigts dégueulasses plein de sang. C'est rigolo, je trouve, mais toi ça ne te fait jamais rire, ces drôles de choses là. Soupir. Il a un drôle de goût et une drôle de couleur ce sang, tu trouves pas? ... Tu trouves pas? Hein, dis, tu trouves pas? T'es pas très bavard, toi hein.


De quoi je parlais ? Ah oui d'un truc que j'ai fait, comme ça, un truc qui est parti d'un coup.


Non, je ne parlais pas de ma jalousie compulsive, je ne parlais pas de ma peur permanente, ni de ma paranoïa débordante, non, non, je ne parlais pas de ton corps gelé, de mes yeux glacés, de nos têtes grillées, non, non, je ne parlais pas de ta main qui me touche, de ta peau blanche, de ta peau bleue, de ta peau brute. Non, je ne parlais pas de la maladie de l'amour, je ne parlais pas de ton absence lanscinante, je ne parlais pas de ma folie silencieuse. Je ne parlais pas de fleurs, non je ne crois pas, j'aime pas trop les fleurs, je ne parlais pas de chiens, non ça n'a aucun sens un chien, je ne parlais pas de ta bouche, parce que tu vois, si je parlais de ta bouche, j'aurai envie de pleurer soudainement, et je n'y tiens pas, je ne parlais pas de ma mère parce qu'alors je n'aurai rien à dire, je ne parlais pas d'amour parce que je ne parle jamais de ces choses qui n'existent pas, De quoi je parlais?

 


De quoi je parlais? DE QUOI JE PARLAIS ?

 


Tu sais, je crois que parfois ça déraille un petit peu à l'intérieur, rien de bien grave, juste ça déraille. C'est épuisant quand ça déraille trop souvent, et c'est souvent qu'ça déraille. J'me souviens plus, tu sais, j'me souviens plus de rien, et j'suis là avec mes gros doigts dégueulasses plein de sang, j'reste là, par terre, avec ce putain de sang dégueulasse sur mes doigts, sur mes cuisses, partout. Et j'me souviens plus. J'me souviens plus de rien. De rien du tout. Il faut que tu me sauves. Viens, viens me chercher.

 

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Par Anna-Charlie
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Lundi 23 mai 2011 1 23 /05 /Mai /2011 15:32

Lettre à l'Absence,


Je te reconnais, cavalière de mes nuits, je te reconnais sous la peau et sur les os.

Viens te loger plus près, bien plus près, non, viens, encore plus près.

Quel visage as-tu aujourd'hui? Montre moi et n'aies pas peur.

Il n'y a pas de temporalité dans ce monde sans histoire.

Laisse moi attraper ta main. Laisse moi te livrer les pensées d'anamorphose.

Je ne sais pas où tu es, ni quel est ton odeur, mais tu es là, et tu coules à l'intérieur.

Le sang est bleu sous la langue, sur les mains, et les jambes, le sang est bleu et c'est joli, regarde, les petites rivières.

Comme une pieuvre, une pieuvre gluante et humide qui viendrait glisser ses tentacules autour de toi, tout autour de ce corps que je ne connais pas.

 

Bleue.


Tu sais, c'est la nuit que je t'écris le plus.

Pensées sur fond rouge.

Je t'écris pour essayer de comprendre. Pourquoi me manques-tu autant, toi, l'Absente au mille visage?

Alors je te souris, joli mirage, je te souris et je m'endors dans la langueur de ton souffle sur ma joue.

Le lendemain commence la grande expédition, parcourir le corps et regarder si tu es venue me rendre visite dans la nuit. Bleus.Un, deux, trois, quatre, tu as tapé quatre coups et tu fais de moi ta douce fleur d'ecchymose.


Je suis piégée dans un amour sans coeur, un désir sans sexe et une tristesse sans âme.

 

Et c'est toi que j'attends.

 

Il faut que tu me donnes les réponses, offre moi ton âme, juste une fois.

Délivre moi de ce corps sans peau, redonne au paysage ses couleurs pour que je puisse m'étendre dans ce tendre enfer sans m'étouffer dans leur foutre sans mémoire. Habille moi de tous les vices dont tu me crois capable, fais moi disparaitre comme le dessin raté de mon visage d'enfant que tu gommes sans relâche, mange moi avec les doigts et sans sauce, rends moi amère dans les plaies et dans les paumes, fais de mon corps une oeuvre d'art, ton oeuvre d'art, sculpte moi à l'image de tes plus belles jouissances, et enfante moi avant que l'ombre n'engloutisse le soleil.


A pieds nus sur l'herbe morte, je commence à tourner, doucement, doucement, doucement, et puis très vite, ça tourne, tourne, tourne.Les enfants arrachent les ailes des insectes rouges, noirs, verts; la pluie d'été vient caresser mon amour fou, fou mon amour; je gratte les croutes de la nuit et le sang se répand entre les cuisses. Bleu, bleu, bleu. Je tourne, tourne, tourne, les mots embrassent tes lèvres folles, je tourne, tourne, tourne, de plus en plus vite. La violence des nausées se confond avec la puissance des vertiges, je vais tomber, très chère Absence, je vais tomber bien bas, et je t'attends, viens me rattraper et je marcherai sur tes pas.


X.

 

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Par Anna-Charlie
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Jeudi 10 février 2011 4 10 /02 /Fév /2011 02:48

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Règle numéro un, ne pas y penser.


Règle numéro deux, ne pas y penser.


Règle numéro trois, ne pas y penser.



Déblayer la terre des souvenirs                                                                                 DOUCEMENT

Arracher les sens en émois.                                                                             DOUCEMENT

Cueillir le silence sous les jupes des filles.                                                            DOUCEMENT


 

Seule, dans la chambre de poupée, fredonner les mesquineries du désir. Quel est le nouveau visage? Quel est le nouveau corps ? Je ne suis plus que la pauvre petite, toute petite, putain de la fille aux cheveux noirs.


Fermer les yeux.


Il faut écrire, dit-elle. Ecris et tu verras, dit-elle. Fais moi confiance, dit-elle. Hein, tu écriras pour moi, dit-elle. Et on sera belles dans la nuit, dit-elle. Non, je n'aurai pas peur de mes mains, dit-elle. Et puis, les garçons c'est nul, dit-elle. Elle, la fille-perdition. Le prénom de la renaissance.  Le prénom de la confiance. Le prénom de l'espérance.

 

CENSURE.

Les pensées s'entremêlent.


Et l'écriture se réveille.


Un, deux, trois, perdue sous tes doigts. Quatre, cinq, six, jusqu'à l'asphyxie, sept, huit, neuf, prends mon sexe veuf. Dévore moi, dévore moi, dévore moi plus fort. L'encre sur les doigts, le bruit de l'écriture qui cavale sur la feuille blanche. L'écriture devient mon unique horizon. Je cherche, sans répit, une réponse. Quelque chose. Mais non.

Je ne suis pas une fille des mots, et personne ne le voit. Ce n'est pas moi qui réveille l'écriture, c'est l'écriture qui m'assome. La vie est vide; les mots sont creux, et l'émotion creuse l'illusion. Je n'ai rien à dire, tout à inventer.

C'EST LA REVOLUTION DU CORPS.

Regarde mon amour, comme je la baise bien, regarde, ouvre les yeux. Regarde comme elle coule entre mes cuisses. Regarde ma chérie, comme elle jouit sous mes doigts. Regarde comme la main descend, descend, descend, entre ses fentes. Regarde comme je rentre à l'intérieur, c'est aussi chaud que ta colère, mon ange. Mais oui mon amour, regarde comme je souris, comme je la désire. Regarde ! Je lèche plus fort, et je t'oublie sous les coups de langue, mais oui, c'est ça. Regarde comme je te mens, regarde comme je te manque. Regarde comme je l'aime, cette nuit là. Regarde, écoute, son cri qui transperce ton absence. Regarde, comme je glisse, glisse, glisse entre ses seins. Regarde, comme je vibre, vibre, vibre entre ses reins. Vingt trois heures trente, Je t'aime, mais oui mon amour, je ne pense qu'à toi, je m'ennuie de toi. Ps: N'oublie pas que tu es à moi.  .

MON CORPS N'EST PLUS MON CORPS, RIEN D'AUTRE QU'UNE MERDE AMORPHE SCULPTEE PAR LA BOUCHE ET LE SEXE DE TA MAITRESSE.


Fardée de griffes, vêtue de bleus, je fais de ta langue ma piste de danse, où nos corps se cherchent sans jamais se répondre.

 

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Par Anna-Charlie
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Lundi 3 janvier 2011 1 03 /01 /Jan /2011 23:30

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       Mais je suis une fille qui ne sait rien faire. Je ne sais pas avouer mes torts, je ne sais pas controler la violence, je ne sais pas baiser, je ne sais pas m'excuser, je ne sais pas prendre soin, je ne sais pas me souvenir, je ne sais pas écrire, dire, vivre, les mots ailleurs que dans ma tete, je ne sais pas coudre, cuisiner, communiquer, consoler, caliner, caresser, cajoler, comment tu veux que je parvienne à t'aimer après ça? C'est génétique, tu sais, ne t'inquiètes pas, tu sais, on m'a dit " c'est génétique", tu sais, les gens ont la vie pleine de merde, tu sais, c'est comme ça, tu sais, d'autres ont du soleil au coin des yeux, tu sais, et bien toi, tu sais, tu as de la merde sur ta vie. Mais je n'en veux à personne, pas à moi, ni à toi, ni à elle, ou à lui. C'est de naissance. Naitre à l'heure du crime ne laissait rien présager de très rassurant. J'aurai du m'en douter. Ma mère, mon père, même toi, tu aurais du t'en douter, putain. Dire que non, que c'était trop dangereux de me garder à tes côtés, que non, qu'il fallait mieux me laisser là avant que.            

 

                                 
                   Avant que.                          Avant que.                          Avant que.                  Avant que.             Avant que.

 

 

 

         Avant que.                                    Avant que.                                        Avant que.

 

 

                          

 

    C      R      A       S         H

 


 

Je suis née malheureuse avec comme projet de toujours tout faire pour tout gacher, pour me gacher, et gacher les autres. Pour ne jamais perdre la seule chose que je fasse naturellement et avec brio. C'est innée, certains savent danser, d'autres peindre, ou baiser. Non. Moi je suis juste là, plantée. Droite, toute droite.  Avec ces envies folles de destruction massive. BANG. Tous vous tuer, bande de fous. BANG. Regardez moi. Ne ris pas. Regarde.

 

                                                                   Destruction, lamentation, perdition.

 

La danse folle et ennivrante de mes pulsions d'enfant. Voilà, tu comprends maintenant ? Ouvre tes putains d'yeux bordel. Regarde, l'héritage de l'enfance, c'est ça. Toi, et tes ambitions pourris que tu rumines les soirs de pluie ne font que m'enterrer encore plus dans ma démence. Voilà ce que je suis devenue et que je resterai toujours. Une fille qui prend trop de place dans la pièce, une fille qui te parle et qui te sourit. Et qui la nuit rêve de te crever les yeux. C'est pas moi, non, c'est l'enfant. Et les enfants ne font que des bêtises, ce n'est pas moi c'est elle, dis le à la maitresse, et je te bute à la récré. Supplie moi d'arrêter. Pourquoi tu pleures ? Enlève tes mains, je veux voir les larmes couler dans ta bouche, je voir la morve pendre sous ton nez, je veux voir la peau rougir, et se déformer. Pourquoi tu pleures ? T'as peur ? C'est ça, oui. NE DIS PAS NON, je vois bien que tu as peur. Il ne faut pas avoir peur, je ne suis pas méchante, non. Pas méchante, non. Non, pas méchante. POURQUOI TU PLEURES. Dis moi. Vite, s'il te plait. S'il te plait, dis le moi vite, vite. VITE, dis le moi, VITE. Et plus tu es loin, et plus ton visage s'efface, et plus je deviens folle, et plus tu es loin, et plus je suis folle. Les images s'entremèlent.

                       CRI. Silence. CRI. silence. CRI. silence. CRI. silence. CRI. silence. CRI. silence. CRI. silence.

                                                                       Et m'arracher les cheveux par poignets.

Et les mots s'accélèrent, s'accélèrent, s'accélèrent. Pour boire, capturer, dévorer ta silhouette dans ma tête; les émotions de ton corps réveillent la peau, le coeur et la fleur entre les cuisses. Ne je sais aimer pas, aimer pas je ne sais, je ne sais pas aimer. Il n'y a que moi, et mon amour titubant, et mes mains maladroites, et mes folies passagères, et mon désir sous-jascent, et ma violence silencieuse, et mes douceurs chocolats.

 

 

Par Anna-Charlie
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Mardi 28 septembre 2010 2 28 /09 /Sep /2010 00:57

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A. : Comment est ta colère ?

 

 

Ma colère, A., elle transperce le ventre. Une grenade prête à exploser qui monte, monte, monte, et finit toujours par redescendre. Sans cesse. L'explosion qui me nargue. Les bêtes sauvages dévalent dans les feuilles mortes, elles chassent, elles croquent, et viennent déposer leurs charognes sous mes pieds. Ma colère, des cris de récréation par centaine dans le puit de ma tête. Je sais que tu les entends, toi aussi. Tire la sonnette d'alarme incendie, qu'on en finisse.

 

Ma colère se dissout dans le sang, et des mots surgissent par millier, ils s'entremêlent, se détachent, se cognent, s'usent, et s'abiment. Et je n'en comprends pas un seul. La colère étrangère.

 

Ma colère, tu sais, elle bouscule les passants, elle frappe dans les cailloux, et dévisage les enfants. Ma colère devient la colère Incompréhensible. Elle germe, fleurit et se fane en quelques secondes. Le corps qu'on ne maitrise plus, le corps que la violence affole. Ma colère est désinvolte, les gens fuient et les cheveux giflent le visage. La colère devient la Peur. La colère boucherait les artères de n'importe qui, sous mes mains qui n'en finissent plus de grandir. La colère empêche de respirer, de manger, de parler. Et la tête tourne.


                                            La colère devient une colère Amoureuse.


"Ca va Mademoiselle ?" Répondre avec les foudres du sang. "Pas la peine de nous aboyer dessus." Tu vois, ma colère est celle d'une chienne enragée. Je pourrais mordre, contaminer tous ces putains d'inconnus et me délecter de leurs folies nouvelles. Sans aucun remord. La bave explose, les babines sont pleine d'écume, et les crocs menacent. C'est le désir, c'est la folie, c'est la trahison, c'est la hantise qui attise la colère. Il faut me guérir de mes foudres. Il faut m'enlever le corps, il faut délivrer la bouche. Et je n'ai jamais su m'apprivoiser.

 

Les oiseaux se noient, les cailloux s'envolent, les chiens marchent à reculons, les clowns se suicident, les enfants décrépitent, les fleurs se déshabillent. Et moi, je reste là, sur ce banc à discuter avec ma jolie colère. Je contemple ce monde en riant trop fort, ce monde où je n'ai pas le temps pour moi. Est-ce que c'est un jeu ? Retour à la case départ, les dés sont jetés. Je ne veux plus de ces plaies qui grattent, qui s'infectent et qui purulent. Je veux qu'elle voit, qu'elle voit que les yeux sont morts et que l'Amour provoque la nausée.


Les nuages s'en mêlent. Bientôt la pluie dégoulinera sur mon visage, comme l'hémorragie que je n'arrive pas à déclencher. Alors, le monde s'agitera et tout deviendra vide. Tout sera mort pour de vrai. Le silence possédera les veines, avec ma colère en guise de parapluie. Le corps pâte à modeler. Rendez moi vivante, faites de moi ce que vous voulez. Quelque chose de vrai, quelque chose de beau. Et avalez moi. Gardez moi bien au chaud, loin des moisissures, loin des pourritures. Donnez moi une peau neuve.

                                                                                           Et brulez le reste.

Par Anna-Charlie
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